Bâtir sans clous ni vis?

Les menuisiers Japonais le font depuis plus de 1000 ans, ils ont perpétué des techniques ancestrales de menuiserie.

Les méthodes de construction traditionnelles utilisaient le bois comme matériau principal de construction. Avant que le commerce ne devienne global et connecté comme aujourd’hui, le bois était la première ressource du Japon, car le métal était un matériau rare. Léger, le bois a été incorporé très tôt dans les techniques des menuisiers plutôt que la brique ou la pierre. Grâce à la fabrication de joints en bas parfaitement ajustés, nombreux sont ceux qui qualifient cette technique comme étant « la géométrie à la rencontre de la nature ». Découvrons ensemble quelques-unes des célèbres techniques de menuiserie créées par les Japonais en commençant par la plus simple, tenon et mortaise.

Ougi-hozo-tsugi (Assemblage à tenon et mortaise)

Cette technique existe depuis des milliers d’années et a été utilisée à l’échelle internationale. Le tenon, pièce saillante de l’assemblage, s’insère dans un trou carré ou rectangulaire coupé dans l’autre partie de bois et peut être collé ou verrouillé. L’avantage de ce type de joint est qu’il est plus esthétiquement agréable que ceux réalisés avec des clous. Voilà pourquoi cette façon de faire est largement utilisée dans l’industrie du meuble. Le joint d’assemblage à tenon et mortaise peut être structuré pour soutenir un poids plus élevé. Par exemple, le tenon double et jumeau augmentent la résistance d’un joint, ce qui le rend idéal pour soutenir des structures.

Kohibi-tenbin-kumi-tsugi (Queue d’aronde)

Complexe et spectaculaire, cette technique de joint est connue pour sa finition élégante et sa structure de blocage ferme généralement appliquée à la conception de meubles. Elle est conçue de façon à ce qu’une planche à série de tenons, en forme de trapèze, s’enclenchent avec une série de rainures de même forme, sur une autre planche, comme il est démontré ci-dessous.

Sampo-Zashi

Une combinaison de multiples techniques de menuiserie, sampo-zashi peut être décrite comme la combinaison de la queue d’aronde et du tenon et mortaise, où de multiples joints précis se réunissent pour s’emboîter. Plus difficile à maitriser, la précision requise pour accomplir cette technique rend hommage au talent des menuisiers japonais et à leur profonde connaissance du bois. Utilisée dans la construction de temples et de grandes maisons, elle est encore utilisée pour la préservation de ces bâtiments.

Sculpture sur bois inami

Plutôt qu’une technique d’assemblage à joints, la sculpture sur bois inami est un art qui s’inspire des plus vieilles traditions et requiert une maîtrise parfaite d’abilité artistique et des ciseaux à bois.  Un peu comme des coups de pinceaux, la finition tout en détails est atteinte en martelant le ciseau dans le canevas de bois.

À grande échelle

Les techniques de menuiserie japonaises enseignent aussi comment traiter le bois. Le cyprès japonais hinoki est généralement utilisé en raison de sa grande résistance à la pourriture, son grain clair et sa force de soutien même après le vieillissement. Cet arbre est cultivé depuis des siècles surtout pour la menuiserie.

Les techniques de menuiserie les plus complexes sont utilisées pour les grands projets tels que les temples et les sanctuaires, et la profession de menuisier liée à ces projets est connue sous le nom de « Miyadaiku ». Perfectionné pendant plus d’un millénaire, l’enseignement de ce métier est coûteux et long, mais le résultat est plus que concluant. En effet, les bâtiments construits avec ces techniques traditionnelles de menuiserie japonsaise ont démontré à travers les âges la plus grande durabilité qui soit.

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